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Réponse à la question du Weekend: l’Alphajet

Historique

D’une collaboration franco-britannique…

En 1965, l’Armée de l’air française, la Luftwaffe allemande et la Royal Air Force britannique cherchent toutes trois à remplacer leurs Fouga Magister, Lockheed T-33A, Mystère IV-A, Fiat G.91R ou Hawker Hunter utilisés pour l’entraînement de leurs pilotes.

La société Breguet remporte avec son projet Br-121 le concours français d’Avion école combat et d’appui tactique (ECAT) lancé début 1964. En octobre de la même année, les Britanniques établissent de leur côté une fiche-programme pour un appareil d’entraînement supersonique. Les deux projets se rapprochent en 1965 et valident la construction d’un avion école en commun : le Jaguar, présenté conjointement par Breguet et British Aerospace Corporation, et équipé de deux turboréacteurs Rolls-Royce plc / Turbomeca Adour.

L’Armée de l’air demande deux versions : une d’entraînement, une d’appui tactique. La Royal Air Force ne désire que la version d’entraînement. La fabrication des prototypes du Jaguar est lancée en octobre 1966, et en mars 1967 l’Adour fait ses premiers tests au banc d’essai. Le 9 janvier 1968, le ministre français des Armées et le ministre britannique de la Défense signent à Londres une commande de quatre cents appareils pour les besoins à parts égales de l’Armée de l’air française et de la Royal Air Force. La sortie d’usine du Jaguar a lieu le 17 avril 1968. Courant d’année, alors qu’il effectue son premier vol, le programme Jaguar d’avion école est modifié et la RAF diminue sa commande d’avions d’entraînement au profit de la version d’appui tactique. En 1970, le programme Jaguar est une nouvelle fois modifié : la RAF ne veut plus d’avion d’entraînement et l’on aboutit à l’avion d’appui tactique alourdi Jaguar.

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… à un développement franco-allemand

Entre-temps, les constructeurs Avions Marcel Dassault-Breguet Aviation (AMD-BA) et Dornier se sont déjà rapprochés en juillet 1969 pour répondre au besoin d’avion d’entrainement subsonique. Trois projets sont proposés :

• le TA501 de AMD-BA/Dornier développé en 1968 à partir des concepts de Breguet 126 et Dornier P.375 ;

• le E-650 Eurotrainer d’Aérospatiale/MBB, basé sur le fuselage du Messerschmitt 462 et de l’avion d’affaires Aérospatiale Corvette ;

• le T-291 de VFW-Fokker d’une envergure de 8,05 m, d’une longueur de 11,795 m et d’une hauteur de 3,785 m devant atterrir à moins de 185 km/h sur moins de cinq cents mètres.

Le 23 juillet 1970, à l’issue d’une compétition acharnée, les deux gouvernements sélectionnent le TA501, qui prend alors le nom d’Alpha Jet. La version d’entraînement est désignée «E» tandis que celle d’attaque porte la lettre «A».

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Spécifications

L’Alpha Jet peut être armé d’un canon de 27 mm ou 30 mm en pod ventral, et emporter 2 500 kg de charge offensive. Le système d’armement et de navigation de la version de combat est efficace et précis, et permet une grande flexibilité dans les missions d’attaque. Mais ce système est obsolète depuis l’apparition des avions de combat de 3e génération (Mirage 2000, F-16, etc…). Les avions affectés à la Patrouille de France emportent un pod fumigène sous le fuselage, dérivé du pod canon des versions de combat.

• Carburant maximal : 2 580 litres (avec réservoirs externes)
• Vitesse de décrochage : 204 km/h
• Vitesse d’approche : 216 km/h
• Distance de décollage (m) : 340
• Distance d’atterrissage moyenne (m): 500
• Facteur de charge : +7.5g/-3 g
• Consommation : 700 à 800 kg de kérosène à l’heure

L’Alpha Jet a été construit jusqu’en 1991 à un peu plus de cinq cents exemplaires et a connu un certain succès à l’export. Aujourd’hui encore, les pilotes des armées de l’air française et belge font leur apprentissage du pilotage d’avion à réaction sur cette machine.

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Variantes

• Alpha Jet A : version d’attaque (légèrement supersonique, grâce à son nez pointu) (cent soixante-quinze exemplaires pour l’Allemagne, certains cédés ensuite au Portugal)
• Alpha Jet E : version d’entraînement (trois cent trois exemplaires pour huit pays)
• Alpha Jet E+ : version avec avionique améliorée (vingt-neuf exemplaires convertis en Belgique)
• Alpha Jet MS1 et MS2 : versions d’attaque avec avionique améliorée pour l’Égypte.

Modernisation

La Belgique a fait évoluer ses exemplaires en les équipant d’une centrale de navigation inertielle couplée avec un récepteur GPS, d’un viseur tête haute et d’un système 3M. L’Égypte a reçu deux versions (MS1 et MS2) avec une avionique également améliorée pour augmenter ses capacités en attaque au sol.

La Délégation générale pour l’armement française a notifié le 31 décembre 2007 un contrat de 22,6 millions d’euros à Thales Avionics et à la SABCA, filiale de Dassault Aviation, un programme de modernisation portant sur vingt appareils, qui recevront des équipements semblables aux Alpha Jet belges : centrale de navigation inertielle couplée avec un récepteur GPS, un viseur tête haute, des conduites de tir air-air et air-sol, etc. Le premier avion modernisé a été livré mi-2009.
Le Nigéria a fait moderniser trois de ses appareils en 2012-2013.

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